Cela fait déjà 6 mois que je n’ai rien écris ici et pourtant, il s’est passé pas mal de choses. J’ai presque terminé la partie menuiserie sur le fuselage, fait le train principal et été récupérer la verrière ! Je voulais attendre d’avoir terminé le train pour faire un article, mais je préfère réaliser un checkpoint maintenant.

La période de l’hivers n’a pas été simple car c’était assez compliqué de travailler dans le garage avec le froid. C’est pas mal pour faire de la colle, ça l’est moins pour la faire sécher ou polymériser. Donc je me suis attaqué à la découpe des gabarits de nervures, pour l’aile en 95. Finalement, j’ai mis ça de côté et attendu qu’il fasse meilleur pour continuer. D’ailleurs je dois refaire les gabarits car je pars sur l’aile en 90 finalement.

J’ai les volets et les ailerons, mais avec le profil en 95, mais après plusieurs discussions avec d’autres constructeurs, je me dis que c’est quand même dommage de ne pas faire l’aile en 90 pour ça. Donc je referais les volets et les ailerons, tant pis. D’ailleurs si quelqu’un cherche des ailerons et volets en 95, contactez moi 😉 . Quand on parle de l’aile en 100cm, 95cm ou 90cm, on parle de la corde de l’aile. Historiquement la version CNRA fait 80cm, la version ULM 100cm, et puis avec les nouvelles lois qui ont permis d’augmenter la vitesse de décrochage, la construction s’est adaptée, proposant une corde d’aile de 95cm, puis aujourd’hui 90cm. Moins de surface, moins de trainée, moins de consommation 😉
Des changements notables
En plus de décider de faire l’aile en 90, j’ai laissé tomber la motorisation DV6 pour mettre un Rotax 912 80ch. C’est un choix un peu controversé, mais je l’assume pleinement. Il y a pas mal de points négatifs dans ce choix :
- Le centrage est à recalculer, il faut ainsi avancer le moteur. Sur les plans ça démarre à 36cm de la PF, certains vont jusqu’à 42cm
- Cela fait un avion plus long
- Il faut refaire le capot avant, il existe plusieurs variantes d’ailleurs, dont un qui fait penser au Pilatus
- Il est préférable d’avancer le train avant, ça n’est pas obligatoire, mais c’est conseillé, et puis ça déplace du poids un peu plus vers l’avant
- Il faut des magnetos
- Bien que des plans existent, il faut quand même refaire un bati moteur, un système de fixation pour le train avant, il faut aussi refaire la commande de direction du train avant
- C’est vachement plus cher :O
Mais il y a aussi des avantages :
- Le moteur est déjà avionné 🙂
- Plus de radiateur au dessus des jambes, il est à l’éxterieur
- Une diminution drastique du poids (c’est pour ça qu’il faut revoir le centrage)
- Une maintenance, dans mon cas, plus simple
- Beaucoup de place libéré au niveau des pieds car plus de train avant, plus de poulies et plus de radiateur
Et cela implique quelques changements et options (qui ne sont pas obligatoires, je fais ça car j’en ai envie)
- Manette des gaz sur le tableau de bord
- Trim de profondeur manuel, sur la console centrale, comme sur DR400
- Manette de frein, sur la console centrale, comme sur DR400

J’ai donc saisie l’opportunité pour coffrer l’avant, en commençant par cintrer la CP avant collage. Rien de très compliqué ici. J’ai utilisé des agrafes pour faire tenir le collage.

J’utilise ensuite mon rabot pour créer un biais entre le CP tout juste collé et le CP du bas déjà en place. Ensuite un bon coup de ponçage et c’est tout plat.
Le train principal
C’est un gros morceau dont je voulais dédié un article entier, mais je vais essayer d’être synthétique. La documentation met en garde sur le fait que c’est une opération très longue et qu’il faut au moins être deux. Pour ma part, j’ai découpé la création du train en 2 parties. La veille, j’ai préparé le garage
- Découpage des bandes de fibre de verre, environ 50 bandes de 2m30 (de mémoire)
- Préparation du plan de collage, construit sur mesure, pour éviter de perdre de la colle
- Préparation des gobelets pour la colle, vides ce jour là
- Préparation du moule, avec la cire de démoullage

D’ailleurs je n’avais pas la bonne cire de démoulage, c’était une référence de chez Sicomin, mais pas la bonne. Vu comme le moule du train était abimé, j’ai pris toutes les précautions nécessaires afin d’éviter de contribuer, moi aussi à le défigurer. Pour cela j’ai regardé la documentation de la FK 1000 / FK89. J’ai passé 7 couches de cire comme suis :
- Une couche avec un chiffon pour en mettre partout
- Attendre 20 minutes et lustrer avec un chiffon
- 1h après on recommence
- Le tout 7 fois !
Le jour J, j’ai préparé des gobelets de 250cl de résine et des autres gobelets avec du durcisseur. J’ai optimisé le passage dans le garage pour que nous n’ayons pas d’aller/retour à faire, ça devait être fluide.

Je m’en étais fait tout un monde, mais ça n’est absolument pas dur. Il faut empiler les couches, presser de temps en temps pour faire sortir la colle, et recommencer. Au bout d’un moment, vu que la lame de train est plus large au niveau des roues qu’au niveau du centre, on se retrouve avec moins de matière sur les zones arrondies. Il faut donc mettre des bandes de longueur variables à ces endroits là pour avoir la bonne epaisseur.

Faire ça a deux, avec cette préparation nous aura prit environ 3h30, nettoyage des spatules comprises 🙂 . Je vous recommande de découper ça en 2 étapes et vous verrez que ça se fait bien.

On laisse sécher 24h et démoule, c’est un peu brute, mais solide. J’ai utilisé une scie à métaux pour découper la fibre qui dépasse en bas. La lame n’aura pas tenue très longtemps. Mais ça n’est pas terminé, maintenant il faut poncer ce qui dépasse, découper le train à la bonne dimension, puis passer la chaussette carbone….

Pas de grosse difficulté sur cette partie là non plus. Faites bien attention à ne pas avoir de arrêtes trop coupantes car ça stop net l’enfilage de la chaussette. Une fois en place, il faut mettre de la résine et inprennier la chaussette.

Enfin on passe du tissu d’arrachage tout autour, ça permet de faire sortir la colle en trop et surtout de plaquer la chaussette sur la lame de train. La dernière étape est de cuire le tout !
La verrière

J’ai trouvé un constructeur de Gaz’aile dans le nord-est, qui vendait une verrière tintée dorée. Cela m’aura coûté 1300 euros, mais j’ai désormais cette pièce qui normalement demande un certain temps d’attente. Je n’ai d’ailleurs plus aucune pièce à acheter qui est sur liste d’attente.
Les siéges

Le siège est en deux partie, il y a le siège en lui même et le support arrière qui contient un tube en dural, dans lequel, passe une partie mobile. Cela permet plus tard de bloquer/débloquer le siège à l’arrière pour régler sa hauteur. Le support arrière est trop long, il faut le couper en deux et le poser sur le siège pour avoir sa taille finale. On colle ensuite le tube en dural, avec une strate carbone de chaque côtés, car c’est à cet endroit qu’il y aura des efforts une fois en place.


Coffrage de l’arrière
On arrive enfin à la fin de l’article, avec le coffrage de l’arrière, qui cache aussi d’autres trucs, comme le support de dérive..

L’arrière abrite le support du guignol de la dérive, c’est un peu planqué une fois monté, donc il ne faut pas faire le coffrage tant que cette partie n’est pas en place.

Je note par contre qu’il y a des différences avec les photos de la liasse. Effectivement le coffrage de l’empennage vertical s’arrête avant le coffrage du dos. Le cale à l’avant ressort aussi un peu. Soit l’empennage vertical est un peu trop haut, mais le collage intérieur n’a pas l’air d’aller dans ce sens. Soit le cintre C9 est trop bas, mais je n’observe pas une cassure entre C9 et C10. Que ce soit l’un ou l’autre, ça se rattrapera.
En vrac pour finir

J’ai pas mal avancé ces derniers mois. J’ai un avantage certain, mon beau père, lui aussi pilote ULM, me donne un bon coup de main sur la partie « pièces métalliques ». Il a réalisé l’ensemble des pièces pour le train principal par exemple. J’ai les roues, les fusées prêtes à montée avec les disque et le système de fixation du train. Il travail aussi sur le nouveau bâtie moteur pour la Rotax 912 et sur le train avant qui sera de l’autre côté de la pare-feu. Il est évident qu’en parallélisant le travail, les choses avancent un peu plus vite.
J’ai aussi monté la commande de profondeur, c’est vraiment pas grand chose comme truc, mais ça habille un peu l’intérieur du fuselage.
Je démarre actuellement la partie un peu casse pieds, le masticage et ponçage, pour mettre l’apprêt. Je dois aussi encore monter le train principal. Et puis il faut que je finisse les sièges, ça manque de finissions ! Comme vous l’avez compris, je ne suis pas prêt d’avoir terminé.. Mais j’aimerais commencer les ailes, disons de manière réaliste, dans 2 ou 3 mois.

Bravo, c’est magnifique à voir !
Je compte commencer fin 2027 le mien, moteur Rotax 912 80cv pour exactement les mêmes raisons. Par contre pour l’aile je n’ai pas encore regardé. Bonne course et au plaisir de vous rencontrer peut-être un jour.
Amaury
Bonjour,
Si vous n’avez pas commencé, je pense qu’il est préférable de directement faire l’aile en 90, c’est marqué un peu partout dans la documentation que c’est ce qu’il faut faire aujourd’hui de toute façon.
Je suis basé à Mâcon LFLM, n’hésitez pas si vous passez dans le coin.
Yannick.